Littoral, Incendies, Forêts… Au fil des pièces et à force de les côtoyer, on commençait presque à se sentir à l’aise avec les interrogations et les obsessions de Wajdi Mouawad. « Chez Wajdi », c’était un peu devenu comme chez nous, et à chaque création on effectuait avec plaisir notre petit voyage cathartique à ses côtés. Comme une pilule à prendre une fois par an pour pleurer un bon coup et se réconcilier avec soi-même.
L’exil, le besoin de comprendre ses origines et son passé, le difficile adieu à l’enfance et la construction d’une identité propre… des thèmes qui reviennent inlassablement dans son théâtre, qu’il tricote et entremêle à volonté, saisissant ses personnages à des moments de vie différents pour faire d’une quête initiale une histoire toujours renouvelée. Et nous, mystérieusement et à chaque fois, on accroche, on pleure, on souffre et on cicatrise avec lui.
Alors, justement, qu’on commençait à s’habituer à cette petite gymnastique, à s’exposer tout en prenant de moins en moins de risques, voilà que le Wajdi décide de changer de recette pour nous bousculer un peu.
Au début il y va doucement. Avec Seuls, il joue sur la forme. Ce ne sera pas une saga épique bourrée de personnages et de sauts dans le temps comme à son habitude ; ce sera lui, seul sur scène, contant un chemin qui ressemble de très près au sien. Pour lui c’est un changement radical[...]
Les derniers commentaires